Comment mémoriser les caractères chinois sans les oublier ?

Apprendre le chinois

Introduction

Vous apprenez un caractère chinois aujourd’hui. Vous le reconnaissez, vous connaissez son sens, vous vous souvenez même de son pinyin. Tout semble acquis. Et puis, quelques jours plus tard, vous le rencontrez à nouveau… et impossible de vous en souvenir.

C’est une expérience que connaissent pratiquement tous les apprenants de chinois. Et elle finit par provoquer une vraie frustration : « Pourquoi est-ce que j’oublie aussi vite ? », « Est-ce que j’ai une mauvaise mémoire ? », « Faut-il écrire chaque caractère cinquante fois pour le retenir ? »

En réalité, cette difficulté que vous rencontrez ne vient pas nécessairement de votre mémoire mais plutôt de la manière dont vous essayez de mémoriser les caractères chinois.

Si vous voulez bien apprendre les caractères chinois sans vous épuiser ni vous décourager, lisez cet article dans lequel nous vous disons comment faire pour qu’un caractère appris aujourd’hui soit encore là demain, dans une semaine et dans plusieurs mois ?

Vous allez voir que la réponse ne consiste pas à répéter toujours davantage. Il s’agit surtout de faire travailler votre mémoire de plusieurs manières et de donner régulièrement au caractère l’occasion de revenir.

Réponse rapide

Pour mémoriser durablement les caractères chinois, n’essayez pas d’en apprendre trop à la fois et ne vous contentez pas de les recopier.

Commencez par les caractères les plus utiles et faites travailler chacun d’eux de différentes manières : observez sa construction, écrivez-le, retrouvez-le sans modèle, distinguez-le des caractères ressemblants, associez-le à des caractères que vous connaissez déjà et utilisez-le dans des mots puis dans des phrases.

Revenez ensuite régulièrement sur les caractères appris en espaçant les révisions et en consacrant davantage de temps à ceux qui restent fragiles.

Enfin, apprenez progressivement à vous passer du pinyin : il doit vous aider à apprendre la prononciation du caractère, mais ne doit pas devenir indispensable pour pouvoir le lire.

La clé n’est donc pas de répéter cinquante fois le même exercice mais de multiplier les occasions et les façons de retrouver le caractère.

SOMMAIRE

Apprendre moins de caractères pour en retenir davantage

Pas trop de caractères à la fois. Cela ne sert à rien.

Lorsqu’on commence le chinois, il est bien tentant de vouloir aller vite. On découvre quelques caractères, puis dix, puis vingt. On télécharge une liste des 100 caractères chinois les plus courants et on se dit qu’avec un peu de volonté, on devrait pouvoir les apprendre en quelques semaines.

Sur le papier, c’est séduisant mais dans la réalité, le résultat est bien différent. Imaginez que vous apprenez aujourd’hui que 人 signifie « personne », que 口 signifie « bouche », que 大 signifie « grand » et que 中 signifie « milieu ». Le lendemain, vous en ajoutez dix autres. Deux jours plus tard, vous reconnaissez encore certains caractères, vous hésitez sur d’autres et quelques-uns vous semblent presque totalement nouveaux. Vous avez pourtant travaillé.

Votre premier réflexe sera sans doute de penser : « Je n’ai vraiment pas une bonne mémoire. » Pas forcément. Vous avez peut-être simplement voulu mémoriser trop de caractères en même temps.

Pour retenir durablement un caractère chinois, laissez-lui le temps de vous devenir familier. Regardez-le, comprenez-le, écrivez-le, retrouvez-le, utilisez-le, puis rencontrez-le à nouveau.

Plus vous introduirez de nouveaux caractères simultanément, moins vous aurez de temps pour faire ce travaille de digestion avec chacun d’eux. C’est la raison pour laquelle, chez MandarinMaster, nous avons fait un choix qui peut paraître lent au premier abord : deux nouveaux caractères par leçon pendant l’année 1.

Vous nous direz peut-être « Deux seulement! » Mais ces deux caractères ne sont pas simplement présentés puis abandonnés pour passer aux suivants. Ils vont être travaillés de différentes manières, associés aux caractères déjà appris, utilisés dans des phrases de plus en plus complexes. C’est là où réside toute la différence.

À la fin de la semaine vous ne direz pas : « J’ai étudié 40 nouveaux caractères. » Vous direz plutôt :  » Ces caractères je les reconnais, je sais les prononcer et les utiliser ».

Sachez qu’en chinois (et je vous parle d’expérience), la vitesse à laquelle vous découvrez de nouveaux caractères et la vitesse à laquelle vous les apprenez réellement sont deux choses très différentes. Paradoxalement, apprendre moins de caractères à la fois vous permettra d’en connaître davantage à long terme.

Commencez par les caractères qui vont vraiment vous servir

Tous les caractères chinois n’ont évidemment pas la même fréquence d’utilisation. Cela peut vous paraître évident, mais les conséquences sur votre mémorisation sont importantes.

Imaginez que vous appreniez un caractère relativement rare. Vous comprenez son sens, vous mémorisez son pinyin, vous l’écrivez plusieurs fois. Mais si vous ne le rencontrez plus pendant trois semaines, il vous faudra un véritable effort pour le retrouver.

Prenons maintenant un caractère extrêmement courant comme 我 – wǒ – je/moi. Vous l’apprenez une première fois. Très rapidement, vous allez pouvoir le retrouver dans :

  • 我是…(wǒ shì…) = Je suis…
  • 我叫…(wǒ jiào…) = Je m’appelle…
  • 我喜欢…(wǒ xǐhuan…) = J’aime…

Et vous allez continuer à rencontrer 我 dans quantité de phrases. En procédant ainsi dans la sélection des caractères, vous n’avez plus besoin de prévoir artificiellement vingt séances de mémorisation de 我 : la langue elle-même se charge progressivement de vous le faire réviser.

L’ordre dans lequel vous allez apprendre les caractères a donc une grande importance dans votre processus de mémorisation. En commençant par des caractères usuels, non seulement vous pourrez comprendre rapidement des mots et des phrases utiles, mais vous pourrez aussi créer davantage d’occasions de les revoir.

Il se produit alors quelque chose de très intéressant : plus un caractère vous sert, plus vous le rencontrez ; plus vous le rencontrez, moins vous avez besoin de faire un effort conscient pour vous en souvenir. Autrement dit, la fréquence d’utilisation devient elle-même un outil de mémorisation.

Ne cherchez pas à mémoriser un caractère en une seule fois

C’est probablement l’une des idées les plus importantes de cet article. Un caractère chinois ne devrait pas être considéré comme une information qu’il faudrait réussir à faire entrer dans sa mémoire en une séance.

Prenons l’exemple du caractère 喝 — hē — boire

Vous pouvez regarder 喝 pendant quelques secondes, lire hē, répéter « boire » et vous dire : « Très bien, je le connais. » Mais que signifie exactement connaître 喝 ?

  • Si je vous montre 喝, savez-vous ce qu’il signifie ?
  • Si je vous dis « boire », êtes-vous capable de retrouver 喝 ?
  • Pouvez-vous retrouver sa prononciation, son ton ?
  • Pouvez-vous l’écrire sans modèle ?
  • Le reconnaissez-vous rapidement au milieu d’autres caractères similaires ?
  • Le comprenez-vous dans 喝茶 ?
  • Et savez-vous l’utiliser dans une phrase ?

Ce ne sont pas les mêmes opérations. C’est précisément pour cela que votre mémorisation des caractères deviendra beaucoup plus solide si vous cessez de chercher une technique miracle et que vous faîtes travailler votre mémoire de plusieurs façons.

Notre principe MandarinMaster pourrait se résumer ainsi : Ne multipliez pas les répétitions identiques. Multipliez les chemins qui vous permettent de retrouver le caractère.

Voyons maintenant les 9 manières concrètes de faire travailler votre mémoire des caractères.

Point 1 – Découvrez le caractère, ne faites pas que le regarder

Si vous ne connaissez pas le chinois, un caractère vous donnera l’impression d’être un petit dessin compliqué composé de traits placés un peu partout. Plus vous progresserez, moins cela sera vrai. Vous commencerez à reconnaître des éléments déjà rencontrés, certaines structures et certains composants.

Prenons un exemple très simple : 好 — hǎo — bien, bon

Même un débutant peut apprendre que ce caractère est composé de :

  • 女 — nǚ — femme
  • 子 — zǐ — enfant

Cela ne signifie pas qu’il faille absolument construire une histoire extraordinaire pour chaque caractère rencontré. Il se trouve qu’un caractère comme celui-là a une très belle histoire. Plutôt que de regarder 好 comme un ensemble indifférencié de six traits, commencez à voir son organisation interne. C’est vrai pour tous les caractères.

C’est tout l’intérêt d’une explication visuelle par un professeur, comme nous le faisons à chaque leçon chez MandarinMaster. Il peut attirer votre attention sur la construction du caractère, sur un élément que vous connaissez déjà ou sur une particularité graphique qui mérite d’être observée. Le caractère vous devient alors moins étranger. Et lorsque vous rencontrerez 女 ou 子 ailleurs, ce que vous avez appris avant pourra vous resservir.

Vous le verrez j’espère : petit à petit, les caractères chinois cesseront d’être pour vous une succession de dessins indépendants et vous commencerez à percevoir un système intelligent et intelligible.

Point 2 – Écrivez les caractères à la main

Écrivez le caractère pour mieux le mémoriser

On entend parfois qu’il ne sert plus à rien d’écrire les caractères chinois à la main puisque nous utilisons désormais des téléphones et des ordinateurs. Écrire à la main serait une vieille méthode qui ne sert à rien.

Ce n’est pas une vieille méthode : c’est une méthode ancestrale que tous les Chinois utilisent encore à l’école de nos jours. Il y a en revanche une distinction importante à faire entre écrire un caractère et le copier mécaniquement.

Recopier 30 fois le même caractère en regardant constamment le modèle n’est pas un travail utile. Votre main bouge, certes, votre feuille se remplit et le caractère devient visuellement familier. Mais êtes-vous capable de le reproduire lorsque le modèle disparaît ? C’est une autre histoire.

L’écriture manuelle devient beaucoup plus intéressante lorsqu’elle vous oblige à regarder réellement comment le caractère est construit.

Reprenons 好. Vous observez le caractère, vous regardez l’ordre des traits, puis vous essayez de le reproduire correctement, une fois, deux fois, quelques fois encore, en respectant l’ordre des traits. Vous pouvez même cacher le modèle et essayer sans modèle.

C’est à ce moment-là que l’exercice change de nature. Vous n’êtes plus simplement en train de copier. Vous demandez à votre mémoire : « Comment s’écrit 好 ? » Si vous hésitez, cette hésitation vous est utile car elle vous indique précisément ce qui n’est pas encore acquis.

Le geste d’écriture garde donc toute sa place dans l’apprentissage à condition qu’il reste attentif, progressif et qu’il vous conduise peu à peu à écrire sans avoir constamment le caractère sous les yeux.

Point 3 – Apprenez à distinguer les caractères qui se ressemblent

Bien distinguer des caractères qui se ressemblent

Reconnaître un caractère lorsqu’il est seul, en grand, au milieu d’un écran est relativement facile. Le reconnaître rapidement parmi d’autres caractères similaires est déjà plus exigeant.

Prenons un exemple marquant :

  • 人 — rén — personne
  • 入 — rù — entrer

Pour un lecteur expérimenté, la différence est évidente mais pour quelqu’un qui commence le chinois, elle l’est beaucoup moins. C’est justement parce que certains caractères possèdent des ressemblances graphiques qu’il est intéressant de les confronter.

Votre cerveau apprend alors non seulement à quoi ressemble 人. Il apprend aussi la différence entre 人 et 入. Cet exercice de reconnaissance une autre forme d’apprentissage que nous utilisons de manière systématique chez MandarinMaster. Elle fait partie du travail proposé à l’apprenant tous les jours et à chaque leçon.

Pourquoi ? Parce que dans la vraie vie, les caractères ne vous attendront pas gentiment, isolés au centre d’une carte mémoire. Ils seront au milieu d’un mot, d’une phrase, d’un menu, d’un message ou d’une page.

La mémorisation doit donc progressivement conduire à la discrimination visuelle : voir suffisamment bien le caractère pour ne pas seulement le reconnaître dans des conditions idéales.

Point 4. Accrochez le nouveau caractère à ce que vous connaissez déjà

Voici une autre erreur fréquente : apprendre les caractères comme une succession d’unités indépendantes : caractère n°1 + caractère n°2 + caractère n°3, etc. Au bout d’un moment, cela ressemble à un gigantesque catalogue.

Il est beaucoup plus intéressant et efficace de faire entrer le nouveau caractère que vous apprenez dans le réseau de ce que vous connaissez déjà.

Supposons que vous connaissiez 水 — shuǐ — eau et que vous appreniez ensuite 喝 — hē — boire.

Vous pouvez désormais comprendre 喝水 — hē shuǐ — boire de l’eau.

Vous venez d’apprendre 喝, mais vous avez simultanément réactivé 水.

Plus tard, si vous connaissez 茶 (chá, thé), vous obtenez 喝茶 — hē chá — boire du thé.

Le même 喝 vient d’être utilisé dans un autre contexte.

C’est exactement ce que nous recherchons. Le nouveau caractère consolide l’ancien et l’ancien aide à mémoriser le nouveau. Au lieu de construire une longue chaîne de caractères indépendants, vous construisez progressivement un réseau. Et plus ce réseau devient riche, plus votre apprentissage des nouveaux caractères peut s’appuyer sur quelque chose qui existe déjà.

Point 5. Faites sortir le caractère de la liste : mettez-le dans une phrase

Mettez le caractère en réseau avec ceux que vous connaissez déjà.

Nous pouvons aller encore plus loin.

Vous connaissez maintenant 喝 — boire puis 喝茶 — boire du thé. Très bien. Mais pourquoi ne pas rapidement utiliser ce que vous venez d’apprendre ?

我喝茶。Wǒ hē chá = Je bois du thé.

À ce stade, 喝 n’est déjà plus simplement « le caractère qui veut dire boire ». Il occupe une place dans une phrase.

Vous pouvez ensuite rencontrer : 你喝茶吗?Nǐ hē chá ma? = Est-ce que tu bois du thé ?

Puis peut-être 我不喝茶。Wǒ bù hē chá. = Je ne bois pas de thé.

Le caractère reste le même, mais votre cerveau le retrouve dans plusieurs situations. C’est cette réutilisation qui est particulièrement importante. Car le but final de votre apprentissage du chinois n’est pas de pouvoir réciter la signification de centaines de caractères isolés. C’est de comprendre et utiliser la langue.

Un caractère qui entre rapidement dans des mots puis dans des phrases a donc beaucoup plus de chances de devenir vivant qu’un caractère qui reste pendant des semaines dans votre liste de vocabulaire.

Point 6. Ne confondez pas « reconnaître » et « savoir »

C’est un petit piège dont on ne se rend pas toujours compte.

Vous ouvrez votre liste de caractères et voyez 中. 

Immédiatement vous pensez « Chine… milieu… zhōng… Oui, je connais. » Très bien.

Maintenant, fermez la liste. Si je vous demande : « Quel est le caractère zhōng ? » Le retrouvez-vous ?

Et si je vous demande de l’écrire ? C’est parfois beaucoup plus difficile. Pourquoi ? Parce que voir une information et la reconnaître n’exige pas le même effort que la retrouver sans aide.

C’est précisément pour cette raison qu’une bonne révision ne devrait pas toujours présenter immédiatement la réponse.

Notre conseil est donc le suivant (et c’est celui que j’ai utilisé dans mes premiers pas de chinois) : Cachez le caractère, partez du français et essayez de retrouver le chinois. Puis partez du pinyin, cherchez le caractère et essayez de l’écrire.

Cette petite seconde pendant laquelle vous cherchez réellement la réponse est extrêmement importante. Ne la considérez pas comme un échec. C’est justement votre mémoire qui travaille.

Et cela rejoint un principe que nous utilisons beaucoup chez MandarinMaster : il faut progressivement passer de la reconnaissance à la capacité de retrouver puis d’utiliser ce que l’on a appris.

Point 7. Réviser un caractère ne signifie pas toujours refaire le même exercice

Imaginons maintenant que vous ayez appris 人. Vous pourriez le recopier aujourd’hui, puis demain, puis après-demain. C’est une forme de révision.

Mais vous pouvez aussi le reconnaître au milieu d’autres caractères ; retrouver sa prononciation rén ; vous souvenir de son sens ; l’écrire sans modèle ; le retrouver dans 中国人 (Zhōngguórén, une personne chinoise) ; le lire dans une phrase ; l’utiliser vous-même.

À chaque fois, vous révisez 人, mais vous ne demandez pas exactement la même chose à votre mémoire. C’est ce que nous entendons par multiplier les chemins de récupération. Et cela vous permet également de rendre vos révisions moins monotones. Vous n’avez pas forcément besoin de passer votre temps à regarder des cartes mémoire ou à remplir des pages de caractères.

Parfois vous lisez. Parfois vous écrivez. Parfois vous cherchez. Parfois vous parlez. Le caractère que vous avez appris circule entre différentes activités qui contribuent chacune à l’ancrer dans votre mémoire.

Point 8. Laissez aussi le temps faire son travail

Lorsqu’on vient d’apprendre quelque chose, on aime naturellement vérifier immédiatement qu’on connaît ce qu’on a appris.

Exemple : Vous apprend 好. Deux minutes après, vous regardez 好 : « oui, hǎo, bien ». Cinq minutes après : toujours bon. Vous voilà rassuré(e).

Mais le véritable test n’est pas de savoir si vous vous souvenez de 好 cinq minutes après l’avoir étudié. C’est de voir ce qu’il en reste demain, puis quelques jours plus tard.

Vous devez donc accepter qu’une partie de votre apprentissage se déroule dans le temps. Un caractère apparaît dans une leçon. Puis il revient. Vous le rencontrez dans un mot. Plus tard dans une phrase. Quelques leçons après, vous devez à nouveau le reconnaître.

À chaque retour, vous consolidez quelque chose. Et si vous l’avez oublié ? Ce n’est pas dramatique. Essayez d’abord de le retrouver avant de regarder la réponse. Puis reprenez-le. L’oubli n’est pas nécessairement le signe que votre apprentissage ne fonctionne pas. C’est aussi ce qui rend la récupération ultérieure utile.

Vous avez une difficulté incroyable sur un caractère ou sur 2 caractères que vous confondez tout le temps ? Inventez-vous une histoire mnémotechnique puis passer au suivant. N’attendez pas de tout savoir sur le bout des doigts pour avancer. Vous demandez trop à votre mémoire. Et les caractères appris reviendront plus tard.

Point 9. Faites régulièrement le tri entre les caractères acquis et les caractères fragiles

Lorsque vous commencez à connaître plusieurs dizaines de caractères, une nouvelle difficulté apparaît. Vous maîtrisez très bien certains caractères et d’autres beaucoup moins. Vous devez donc travailler vos caractères avec une intensité différente.

Vous voyez 我 et vous n’avez pratiquement plus besoin de réfléchir. Il est devenu évident pour vous. Par contre, d’autres restent fragiles. Vous les reconnaissez, mais leur prononciation vous échappe. Pour certains, c’est l’inverse : vous connaissez parfaitement leur sens et leur prononciation, mais vous seriez incapable de les écrire.

Il vous est donc utile de faire périodiquement un état des lieux. Prenez, par exemple, 25 caractères que vous avez déjà étudiés. Parcourez-les une première fois et posez-vous les questions suivantes ?

  • Lesquels reconnaissez-vous immédiatement ?
  • Pour lesquels hésitez-vous sur le pinyin ?
  • Lesquels êtes-vous capable d’écrire ?
  • Lesquels pourriez-vous employer dans un mot ?

Vous découvrirez probablement que votre mémoire n’est pas simplement divisée entre « je sais » et « je ne sais pas ». Il existe des degrés, et c’est précisément ce type de bilan qui vous permet de consacrer davantage de temps aux caractères fragiles plutôt que de recommencer systématiquement tout depuis le début.

Point 10. Apprenez progressivement à vous passer du pinyin

Libérez-vous progressivement du pinyin.

Le pinyin est un outil indispensable pour apprendre la prononciation d’un caractère et son ton. Mais attention à ce qu’il ne devienne pas une béquille permanente.

Lorsque les caractères et leur pinyin sont systématiquement affichés ensemble, votre regard peut naturellement se porter vers le pinyin. Vous avez alors l’impression de lire du chinois alors que vous êtes simplement en train de lire sa transcription phonétique.

Faites régulièrement un test très simple : cachez le pinyin et essayez de lire les caractères seuls. Si vous n’y arrivez plus, c’est probablement que vous avez encore besoin de renforcer le lien direct entre le caractère, son sens et sa prononciation.

Le pinyin doit donc vous accompagner lorsque vous découvrez un caractère, puis progressivement s’effacer lorsque celui-ci devient familier. Ce n’est qu’un outil pour apprendre les caractères chinois. Il ne doit pas vous empêcher de les regarder.

Comment MandarinMaster travaille concrètement la mémorisation des caractères

C’est à partir de tous ces constats que nous avons construit le travail des caractères dans MandarinMaster.

Nous avons d’abord fait le choix d’une progression volontairement mesurée : deux nouveaux caractères par leçon la première année.

Nous privilégions les caractères que vous allez pouvoir utiliser et réutiliser rapidement. Notre objectif n’est pas de vous faire constituer le plus rapidement possible une impressionnante collection de caractères, mais de vous apprendre progressivement le vocabulaire que vous allez pouvoir réellement mobiliser.

Chaque caractère est présenté visuellement et expliqué par un professeur. L’apprenant peut ainsi observer sa forme, comprendre sa construction et associer dès le départ le caractère à son sens et à sa prononciation et à son histoire. Le professeur fait aussi le lien entre les nouveaux caractères et quelques caractères déjà appris.

Vient ensuite l’écriture. Vous êtes invité(e) à reproduire plusieurs fois le caractère en respectant l’ordre des traits. Nous ne considérons pas cette étape comme une vieille habitude dont il faudrait se débarrasser. Votre geste, attentif et accompagné de la prononciation orale, vous permet de regarder autrement la structure du caractère et de commencer à vous l’approprier.

Mais nous ne nous arrêtons surtout pas à cette copie.

Vous devez ensuite retrouver et reconnaître le caractère appris parmi d’autres caractères parfois très similaires. Cet exercice oblige votre œil à devenir plus précis.

Puis nous allons chercher ce que vous connaissez déjà. Nous allons associer le nouveau caractère à des caractères précédemment étudiés pour former des mots. Puis ces mots vont entrer dans des phrases.

Ainsi, une nouveauté ne vient pas simplement s’ajouter aux précédentes : elle vous permet de réactiver vos acquis. Nos abonnés aiment beaucoup ça.

Puis le travail continue dans les leçons suivantes. Les caractères déjà étudiés réapparaissent dans les exercices, les mots, les phrases et les révisions … et ainsi de suite.

Toutes les 25 leçons, vous disposez également de deux outils de synthèse :

  1. Le premier rassemble les 25 caractères étudiés et permet de reprendre leur écriture, notamment grâce à leur tracé en filigrane.
  2. Le second est un tableau récapitulatif des 25 caractères appris, avec leur sens et leur pinyin. Il vous permet de vérifier en un coup d’oeil ce qui est acquis et d’identifier les caractères qui vous demandent encore un peu de travail.

Ce fonctionnement systématique traduit finalement une conviction pédagogique assez simple : on ne mémorise pas durablement un caractère chinois parce qu’on l’a regardé suffisamment longtemps ou parce qu’on l’a copié cinquante fois.

On le mémorise progressivement parce qu’on l’a découvert, compris, écrit, distingué, retrouvé, associé à d’autres caractères, utilisé dans des mots et des phrases, puis rencontré à nouveau au moment où notre mémoire commençait justement à en avoir besoin.

C’est pourquoi, lorsqu’un apprenant nous dit qu’il a du mal à retenir les caractères, notre première réponse n’est pas de lui conseiller d’en apprendre davantage. C’est presque l’inverse. Nous lui disons : Commencez par moins de caractères. Choisissez des caractères qui vont vous servir. Et faites beaucoup plus de choses avec chacun d’eux.

Conclusion

Vous le savez déjà, mémoriser les caractères chinois vous demande du temps. Mais cela ne signifie pas que vous deviez passer des heures à remplir des pages de caractères ou à recommencer sans cesse les mêmes listes.

Un caractère vous deviendra progressivement familier si vous l’avez regardé, compris, écrit, retrouvé, distingué, prononcé et utilisé, puis parce que vous l’avez rencontré à nouveau quelques jours plus tard. C’est aussi pour cette raison qu’il vous est préférable d’apprendre moins de caractères à la fois et de faire davantage de choses avec chacun d’eux.

Acceptez aussi de ne pas tout retenir immédiatement. Certains caractères vous deviendront rapidement évidents … comme par magie. D’autres resteront fragiles plus longtemps. Ce n’est pas le nombre de caractères que vous avez étudiés qui compte, mais le nombre de caractères que vous êtes réellement capable de reconnaître et d’utiliser lorsque vous en avez besoin.

Chez MandarinMaster, c’est précisément cette logique qui guide notre progression : peu de nouveaux caractères à la fois, mais de nombreuses occasions de les retrouver et de les réutiliser.

Et lorsque vous commencez à les reconnaître naturellement, sans modèle, sans effort particulier et progressivement sans avoir besoin du pinyin, quelque chose a changé : vous n’êtes plus simplement en train d’apprendre des caractères. Vous commencez réellement à lire le chinois. Wouahh !

QUESTION FRÉQUENTES

Il n’existe pas de nombre idéal valable pour tout le monde. Pour un débutant, mieux vaut généralement apprendre peu de nouveaux caractères et prendre le temps de les utiliser plutôt que d’en accumuler beaucoup. Chez MandarinMaster, nous avons par exemple choisi de n’introduire que deux nouveaux caractères par leçon pendant la première année. Ils sont ensuite réutilisés avec les caractères précédemment étudiés. Notre objectif n’est pas de vous faire aller vite dans la découverte, mais loin dans la mémorisation.
Oui, l’écriture vous est très utile, à condition de ne pas simplement copier mécaniquement le caractère des dizaines de fois. Observez sa construction et l’ordre des traits, écrivez-le quelques fois puis essayez de le reproduire sans modèle. C’est lorsque vous devez retrouver le caractère de mémoire que l’exercice devient particulièrement intéressant.
Parce qu’avoir compris ou reconnu un caractère une première fois ne signifie pas encore l’avoir mémorisé durablement. Pour consolider un caractère, vous devez le retrouver à plusieurs reprises et dans des situations différentes : seul, dans un mot, dans une phrase, à l’écrit ou encore lorsque vous devez retrouver sa prononciation. L’oubli fait partie de votre processus d’apprentissage.
Elles peuvent vous être utiles, notamment pour obliger votre mémoire à retrouver une information sans voir immédiatement la réponse. Mais elles ne devraient pas constituer votre seule méthode de mémorisation. Un caractère doit progressivement sortir de la flashcard pour entrer dans des mots, des phrases et des situations réelles d’utilisation. C’est cette diversité qui vous permettra de construire une mémorisation plus solide.
Les deux mon colonel ! Mais pas au même moment. Lorsque vous découvrez un caractère, le pinyin vous est indispensable pour apprendre sa prononciation et son ton. En revanche, lorsque le caractère commence à vous être familier, essayez régulièrement de le lire sans afficher le pinyin. Vous vérifierez ainsi que vous reconnaissez réellement le caractère et que vous ne dépendez pas simplement de sa transcription phonétique. Le pinyin n’est qu’un outil d’apprentissage extrêmement utile mais qui doit progressivement pouvoir s’effacer lorsque vous lisez des caractères que vous connaissez déjà.

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