Apprendre le chinois
Introduction
Apprendre le pinyin est l’une des premières étapes lorsqu’on commence le chinois. C’est la base de la prononciation chinoise. Mais que faut-il réellement apprendre ?
Faut-il mémoriser toutes les initiales et toutes les finales ? Apprendre par cœur les centaines de syllabes possibles ? Maîtriser les quatre tons avant de commencer à apprendre des mots chinois ? Heureusement, non.
Le pinyin est un système très structuré. Il faut en comprendre le fonctionnement et en connaître progressivement les différents éléments, mais il n’est pas nécessaire de tout apprendre avant de commencer à parler chinois. C’est même exactement l’inverse que nous vous conseillons.
Apprenez quelques éléments du pinyin, utilisez-les immédiatement pour prononcer de vrais caractères et de vrais mots chinois, puis enrichissez progressivement ce que vous connaissez.
Dans cet article, vous allez découvrir ce qu’il faut apprendre pour maîtriser le pinyin, dans quel ordre l’apprendre et comment le travailler efficacement. Mais avant de vous expliquer tout cela de manière plus théorique, nous vous proposons de commencer tout de suite pratiquement.
Réponse rapide
Pour apprendre le pinyin efficacement, ne cherchez pas à mémoriser toutes les initiales, les finales et les quelque 400 syllabes chinoises par cœur.
Apprenez-les progressivement en même temps que vos premiers caractères et vos premiers mots : regardez le caractère, écoutez sa prononciation, reproduisez-la, puis utilisez le pinyin pour comprendre et mémoriser le son et le ton.
C’est ainsi que le pinyin devient beaucoup plus simple à apprendre : toujours associé au caractère, à l’oral et au sens. Un simple exercice va vite vous le faire comprendre.
Pour apprendre le pinyin de manière efficace, le plus simple est de commencer par un exemple concret et complet. Nous allons donc apprendre deux caractères chinois : 你 et 好.
Ne cherchez pas tout de suite à mémoriser leur pinyin. Nous allons d’abord voir chacun de ces deux caractères, écouter leur prononciation, tenter de la reproduire, puis utiliser le pinyin pour comprendre comment cette prononciation est construite.
Pour entrer dans cet exercice, le mieux est de vous faire vivre la séance 1 de notre Défi chinois, qui avait précisément pour objectif de travailler ces deux premiers caractères.
VOIR LE REPLAY N°1 DU DÉFI CHINOIS
Dans cette première séance de notre Défi chinois, vous avez appris 2 caractères
Vous l’avez entendu, vous avez essayé de le prononcer en répétant ce que vous avez entendu, je vous ai expliqué la construction de ce caractère et, finalement, vous êtes sans doute capable de connecter ce premier caractère 你 à sa phonétique pinyin (nǐ) et à sa signification (toi, tu, parfois vous).
你 — nǐ — tu / toi
Regardons maintenant ce que son pinyin nous apprend : n + i + 3e ton → nǐ
Vous découvrez ainsi trois éléments :
Vous n’avez pas appris toutes les initiales ni toutes les finales. Vous n’avez pas non plus appris toutes les règles concernant les tons. Vous avez simplement appris celles dont vous aviez besoin pour prononcer votre premier caractère.
En suivant la même méthode pédagogique, vous l’avez d’abord entendu, puis vous avez essayé de le prononcer en répétant ce que vous avez entendu. Je vous ai expliqué la construction de ce caractère, qui est très intéressante, et finalement vous êtes sans doute capable de connecter ce deuxième caractère 好 à sa phonétique pinyin (hǎo) et à sa signification (bon, bien).
好 — hǎo — bien / bon
Son pinyin se décompose ainsi : h + ao + 3e ton → hǎo
Vous venez donc d’ajouter à ce que vous connaissiez déjà :
Vous commencez déjà à réutiliser ce que vous avez appris.
Vous avez entendu ce mot, vous avez essayé de le prononcer en répétant ce que vous avez entendu et je vous ai expliqué sa signification : bonjour. Finalement, vous êtes capable de connecter ce premier mot 你好 à son pinyin (nǐ hǎo) et à sa signification (bonjour).
你好 — nǐ hǎo — bonjour
En faisant ces trois exercices distincts et dans cet ordre, vous comprenez que ce qui fait la solidité de votre apprentissage, c’est de pouvoir connecter immédiatement le caractère ou le mot, sa prononciation, son pinyin et son sens.
Le pinyin n’est pas une fin en soi. Il est là pour vous aider à comprendre et à mémoriser la bonne prononciation d’une syllabe et son ton. Quand vous serez plus avancé(e) dans votre apprentissage du pinyin, vous pourrez même commencer à retrouver le pinyin d’une syllabe à partir de ce que vous entendez.
En apprenant comment dire bonjour en chinois, vous avez également découvert sans peine une règle essentielle de prononciation : lorsque deux troisièmes tons se suivent, le premier se prononce comme un deuxième ton.
Voilà une règle qui, présentée de manière théorique, peut sembler difficile à mémoriser. Un exemple aussi simple que 你好 permet de la comprendre et de la retenir beaucoup plus facilement.
Autre règle importante : lorsqu’un ton change dans la prononciation en raison de la syllabe qui le suit, cela ne signifie pas nécessairement que l’on modifie le ton écrit en pinyin. Ainsi, dans 你好, le premier troisième ton se prononce comme un deuxième ton, mais le pinyin reste écrit nǐ hǎo.
En quelques minutes, vous avez appris :
Vous auriez pu commencer par mémoriser un tableau contenant toutes les initiales, toutes les finales, tous les tons et des centaines de syllabes.
Nous avons volontairement choisi exactement l’inverse, car c’est ainsi que vous pourrez apprendre plus facilement et plus efficacement le pinyin : jamais séparé du caractère, jamais séparé de l’oral et toujours à partir de chinois que vous pouvez réellement utiliser.
Voyons maintenant ce qu’il vous faudra progressivement apprendre pour maîtriser l’ensemble du pinyin.
L’exercice que vous venez de faire avec 你 nǐ et 好 hǎo vous a déjà permis de découvrir plusieurs éléments du pinyin sans avoir eu besoin de les apprendre séparément. Pour maîtriser progressivement le système dans son ensemble, vous devrez en découvrir les différentes composantes : les initiales, les finales, les syllabes, les tons et quelques règles de prononciation.
Voyons précisément de quoi il s’agit.
Une syllabe chinoise commence souvent par une consonne que l’on appelle l’initiale.
Dans les deux caractères que vous venez d’apprendre, nous avons vu 2 initiales :
Dans la présentation traditionnelle du pinyin, on compte 21 initiales. Vous en connaissez donc déjà presque 10 % ! Certaines sont assez faciles à reproduire pour un francophone, comme le n dans nǐ. D’autres correspondent à des sons qui n’existent pas exactement en français et demanderont davantage de travail, comme le h dans hǎo.
N’apprenez surtout pas ces 21 initiales d’un seul coup. Découvrez-les progressivement à mesure que vous rencontrez de nouveaux caractères et de nouveaux mots qui les utilisent.
Après l’initiale vient ce que l’on appelle la finale.
Dans les deux caractères que vous venez d’apprendre, vous en avez déjà rencontré deux :
Selon la classification traditionnellement utilisée pour enseigner le pinyin, on distingue 36 finales. Une finale peut être constituée d’une seule voyelle, comme a, ou de plusieurs sons associés, comme iang.
Là encore, certaines finales vous paraîtront immédiatement accessibles, comme i dans nǐ, tandis que d’autres demanderont davantage d’écoute et de répétition, comme ao dans hǎo.
Ne cherchez pas à mémoriser une liste abstraite des 36 finales. Cela ne vous servira à rien. Apprenez progressivement à les reconnaître lorsque vous les entendez et à les reproduire correctement.
Les syllabes du mandarin se construisent à partir de ces différents éléments, généralement une initiale et une finale.
Si vous multipliiez simplement 21 initiales par 36 finales, vous obtiendriez 756 combinaisons. Je vous rassure : il n’existe pas 756 syllabes différentes en mandarin ! De nombreuses combinaisons sont impossibles et on arrive à environ 400 syllabes de base si l’on ne tient pas compte des tons.
Cela peut encore vous paraître beaucoup.
Mais il y a une différence considérable entre devoir mémoriser 400 éléments indépendants et apprendre à reconnaître progressivement les combinaisons d’un nombre limité d’initiales et de finales.
Lorsque vous connaissez déjà n, par exemple, vous ne repartez pas de zéro lorsque vous découvrez nà, nǎ, nǐ ou nǐng. Vous réutilisez des éléments déjà rencontrés.
C’est précisément cette logique de construction qui rend le pinyin beaucoup plus accessible qu’une liste de centaines de syllabes à mémoriser.
Vous l’avez bien vu : en pinyin, la syllabe est associée à un ton.
Le mandarin possède quatre tons principaux, auxquels s’ajoute le ton neutre. Celui-ci se distingue des quatre autres par l’absence de contour tonal propre et n’est généralement pas considéré comme un « cinquième ton ».
En chinois, un même ensemble de sons peut donc être prononcé avec plusieurs courbes mélodiques différentes. Le ton fait partie intégrante de la prononciation du mot : il ne s’agit pas d’un accent facultatif que l’on pourrait ajouter plus tard, comme on peut le faire en français pour exprimer une émotion ou insister sur un point.
Avec les deux caractères nǐ et hǎo, vous avez découvert le troisième ton, qui est souvent l’un des plus délicats à bien reproduire.
Vous découvrirez progressivement les autres, non pas seulement de manière théorique et abstraite, mais en apprenant de nouveaux caractères et de nouveaux mots.
Enfin, savoir lire séparément une syllabe et son ton ne suffit pas toujours pour savoir comment prononcer un mot ou une phrase.
Vous venez d’en voir un premier exemple avec 你好 nǐ hǎo : deux troisièmes tons se suivent et la prononciation du premier se modifie.
Vous rencontrerez progressivement d’autres phénomènes de ce type.
Ne les apprenez pas tous avant de commencer ! Une règle devient beaucoup plus facile à comprendre et à mémoriser lorsqu’elle répond à une situation que vous venez réellement de rencontrer.
Vous l’avez bien compris : c’est inutile. C’est probablement l’une des idées les plus importantes à retenir de cet article. Connaître progressivement les syllabes possibles du mandarin est utile. Vouloir mémoriser dès le départ un tableau contenant toutes les combinaisons possibles ne l’est pas.
Pourquoi ? Parce qu’une syllabe n’est pas un objet isolé. Elle correspond à des caractères et à des mots que vous allez entendre, comprendre, prononcer et réutiliser.
Votre objectif n’est donc pas de pouvoir réciter par cœur les quelque 400 syllabes du mandarin, mais de pouvoir lire un pinyin correctement, reconnaître les sons que vous entendez et surtout les reproduire.
Maintenant que vous savez ce que contient le pinyin, reste la question essentielle : comment l’apprendre ? Voici les conseils que nous vous donnons pour accélérer et simplifier votre apprentissage.
Le pinyin ne devrait pas constituer une étape préalable pendant laquelle vous mettriez de côté les caractères, les mots et les phrases. Vous risqueriez de passer beaucoup de temps à mémoriser des éléments abstraits sans disposer de situations concrètes pour les fixer durablement.
Commencez au contraire à apprendre le chinois immédiatement. Chaque nouveau caractère devient alors l’occasion d’apprendre ou de réutiliser une initiale, une finale et un ton. Petit à petit, le système se met en place dans votre tête et vous devient familier.
Au début, ne cherchez pas à assimiler dix nouvelles difficultés dans la même séance. Vous venez de voir avec 你 et 好 qu’il suffit de deux caractères pour découvrir deux initiales, deux finales, un ton et déjà une première règle de prononciation. C’est largement suffisant pour une première étape.
Avec les caractères suivants, vous pourrez introduire une nouvelle initiale, une nouvelle finale ou un nouveau ton tout en réutilisant ce que vous connaissez déjà. Votre apprentissage devient alors cumulatif.
Lire nǐ sans jamais entendre 你 ne vous apprendra pas réellement à prononcer le caractère. Le pinyin est une représentation écrite de la prononciation. Il doit donc rester connecté au son qu’il représente.
Lorsque vous découvrez un nouveau caractère, prenez l’habitude de suivre le même processus :
regardez → écoutez → reproduisez → observez le pinyin → recommencez
Petit à petit, ce chemin fonctionnera également dans l’autre sens : vous entendrez une syllabe et serez capable d’identifier les sons qui la composent, son ton et, progressivement, son pinyin.
Le pinyin est extrêmement utile au début de votre apprentissage, mais le chinois ne s’écrit pas en pinyin. Lorsque vous apprenez nǐ, apprenez simultanément 你. Lorsque vous apprenez hǎo, apprenez simultanément 好. Vous éviterez ainsi de créer deux apprentissages successifs : d’abord une langue écrite en alphabet latin, puis, plus tard, les caractères chinois.
Le caractère, le son, le pinyin et le sens doivent être associés dès le départ.
Une syllabe entendue une seule fois sera facilement oubliée. En revanche, chaque fois que vous la rencontrez dans un nouveau mot ou une nouvelle phrase, vous consolidez ce que vous avez déjà appris. C’est pourquoi votre progression doit être construite de façon à faire revenir régulièrement les caractères déjà rencontrés.
Vous n’apprenez pas seulement de nouvelles choses : vous réutilisez constamment les anciennes.
Il n’existe pas d’obligation d’apprendre les éléments du pinyin dans l’ordre d’un tableau. Un ordre pédagogique est beaucoup plus intéressant.
Voici nos 5 conseils sur cette question.
Vous l’avez déjà fait avec nǐ et hǎo.
Une syllabe peut être décomposée en éléments que vous allez progressivement apprendre à reconnaître. Cette compréhension de la structure est plus importante, au départ, que la mémorisation exhaustive de toutes les combinaisons.
Tous les sons chinois ne présentent pas la même difficulté pour un francophone. Il est donc logique de commencer avec des sons relativement faciles à entendre et à reproduire. Cela vous permet de comprendre le fonctionnement du système sans cumuler immédiatement les difficultés.
Vous pourrez ensuite introduire progressivement les sons qui n’existent pas en français ou qui sont plus difficiles à distinguer.
Même principe pour les tons. Ils doivent être travaillés dès le début, car ils font partie de la prononciation chinoise. Mais cela ne signifie pas qu’il faille maîtriser parfaitement les quatre tons avant d’apprendre son premier caractère ou son premier mot.
Chaque nouveau caractère vous permet de rencontrer un ton, de le comparer à ceux que vous connaissez déjà et de le réutiliser. Avec l’expérience, votre oreille deviendra progressivement plus sensible à ces différences.
Prononcer correctement une syllabe isolée constitue une première étape. Mais nous ne parlons pas avec des syllabes isolées. Nous parlons avec des mots, puis avec des phrases.
C’est à ce moment que vous allez rencontrer des phénomènes comme celui que vous avez déjà découvert avec 你好 : la prononciation d’une syllabe peut être influencée par ce qui l’entoure. Votre travail sur le pinyin doit donc rapidement sortir de la syllabe isolée.
Il n’y a aucune raison de consacrer autant de temps à un son que vous reproduisez immédiatement qu’à un son que vous avez du mal à entendre ou à prononcer.
Au fur et à mesure de votre apprentissage, identifiez vos propres difficultés. C’est sur elles que vous devrez insister : écouter davantage, comparer des sons proches, répéter, vous enregistrer et, lorsque c’est possible, faire vérifier votre prononciation.
Dire que le pinyin peut s’apprendre simplement ne signifie pas que toutes les syllabes chinoises sont faciles à prononcer. Des difficultés existent. L’important est de les identifier et de les traiter progressivement.
Voici les 3 difficultés majeures à prendre en compte.
Certaines initiales ou finales ressemblent à des sons français, comme dans nǐ. D’autres beaucoup moins. Le danger consiste alors à lire les lettres du pinyin comme si elles avaient automatiquement la même valeur qu’en français. Ce n’est pas le cas.
Le pinyin utilise notre alphabet, mais les lettres et combinaisons de lettres n’y correspondent pas nécessairement aux sons qu’elles représentent en français. Lorsque vous rencontrez un son nouveau, l’écoute et l’imitation deviennent donc indispensables.
Les quatre tons chinois, ainsi que le ton neutre, constituent une difficulté particulière pour les francophones parce que nous n’avons pas l’habitude d’utiliser les variations de hauteur de la voix de cette manière pour distinguer les mots.
Au début, certaines différences peuvent sembler évidentes et d’autres beaucoup moins. Là encore, privilégiez un apprentissage progressif : écoute, imitation, comparaison et réutilisation dans de vrais mots.
Vous en connaissez déjà un exemple avec 你好. Pris séparément, 你 nǐ et 好 hǎo portent tous les deux un troisième ton. Ensemble, le premier troisième ton se réalise différemment.
Plus tard, vous découvrirez d’autres règles et d’autres ajustements liés à l’enchaînement des syllabes. C’est une raison supplémentaire de ne jamais limiter l’apprentissage du pinyin à la lecture d’un tableau : votre prononciation s’apprendra dans les mots et dans les phrases.
Maîtriser le pinyin ne signifie pas nécessairement être capable de réciter par cœur toutes les initiales, toutes les finales et toutes les combinaisons possibles.
Le véritable test est beaucoup plus concret et vous pouvez le faire vous-même :
Plus ces opérations vous deviendront naturelles, moins vous aurez besoin de réfléchir consciemment au système. Ce sera le signe que votre pinyin commence réellement à jouer son rôle.
Certaines habitudes peuvent considérablement ralentir l’apprentissage des apprenants francophones.
En voici cinq.
C’est probablement le piège le plus évident et le plus courant. Puisque le pinyin utilise les lettres de notre alphabet, notre cerveau est naturellement tenté de leur attribuer les sons que nous connaissons.
Or, nous l’avons déjà vu avec hǎo, une lettre ou une combinaison de lettres en pinyin ne se prononce pas nécessairement comme en français.
Le réflexe que vous devez acquérir est donc simple : n’inventez jamais la prononciation d’un pinyin que vous n’avez pas encore entendu. Écoutez d’abord.
Le pinyin est écrit, mais son objectif est de représenter une prononciation. Apprendre uniquement en lisant revient donc à supprimer une partie essentielle de l’information. L’audio doit systématiquement accompagner votre apprentissage dès le début.
Apprendre une syllabe sans son ton revient à n’en apprendre qu’une partie.
Lorsque vous mémorisez un nouveau caractère, associez dès le départ sa syllabe et son ton — ou ses différentes prononciations lorsqu’il en possède plusieurs. Cela vous évitera d’avoir à réapprendre plus tard une prononciation incomplète.
Vous l’avez compris : ce n’est pas nécessaire. Les tableaux de pinyin vous sont utiles comme outils de référence. Ils vous permettent de visualiser l’ensemble du système, de retrouver une combinaison ou de vérifier une prononciation.
Mais un outil de référence n’est pas un programme d’apprentissage. Votre progression doit partir de ce que vous apprenez réellement à dire et à comprendre.
Au début, le pinyin est un formidable soutien. Mais il ne doit pas prendre la place du caractère chinois. C’est un phénomène que nous rencontrons parfois chez les apprenants. Lorsque vous voyez le caractère 你, votre objectif, à terme, est de ne plus avoir besoin de lire nǐ à côté pour savoir comment il se prononce.
Si vous arrivez à faire cela, le pinyin aura alors rempli sa mission : il vous aura aidé à construire la connexion entre 你, le son que vous entendez et sa signification.
Au début de cet article, vous ne saviez peut-être pas exactement ce qu’il fallait comprendre derrière le mot « pinyin ».
Maintenant, vous avez déjà commencé. Avec seulement 你 et 好, vous avez découvert des initiales, des finales, le troisième ton et même une première règle de modification des tons dans la prononciation.
C’est exactement de cette manière que nous vous conseillons de poursuivre. Vous n’avez pas besoin d’attendre de connaître toutes les règles du pinyin pour commencer à apprendre le chinois.
Apprenez le chinois et le pinyin ensemble. À chaque nouveau caractère, écoutez. Répétez. Observez son pinyin. Comprenez comment la syllabe est construite. Associez-la à son sens. Puis réutilisez-la dans un mot et dans une phrase.
Quelques caractères nouveaux à chaque étape — chez MandarinMaster, nous en introduisons deux à la fois —, beaucoup de réutilisation et une difficulté qui augmente très progressivement.
Les quelque 400 syllabes qui pouvaient vous sembler impressionnantes au départ deviennent alors ce qu’elles sont réellement : un système fini que vous allez découvrir progressivement à mesure que vous apprenez à parler chinois. Et vous avez déjà commencé avec deux d’entre elles.
Conclusion
Initiales, finales, tons, règles de prononciation, quelque 400 syllabes possibles… Présenté sous la forme de tableaux à mémoriser, le pinyin est vraiment compliqué à apprendre. Mais vous avez vu dans cet article qu’il existe une autre manière de l’aborder.
Avec seulement 你 nǐ et 好 hǎo, vous avez déjà commencé à comprendre comment fonctionne le système. Et c’est exactement ainsi que nous vous conseillons de continuer : quelques éléments nouveaux à la fois, toujours associés à des caractères, à des mots que vous comprenez et surtout à une prononciation que vous avez réellement entendue.
Le pinyin n’est donc pas une matière qu’il faudrait maîtriser avant de commencer le chinois. Il doit s’apprendre en même temps que le chinois.
À mesure que vous avancerez, les initiales et les finales vous deviendront familières, votre oreille reconnaîtra de mieux en mieux les tons et vous aurez de moins en moins besoin du pinyin pour prononcer les caractères que vous connaissez déjà.
C’est d’ailleurs son véritable objectif : vous aider à apprendre la prononciation chinoise jusqu’au jour où, pour les caractères que vous maîtrisez, vous n’aurez plus besoin de lui.
Et si vous souhaitez poursuivre comme vous venez de commencer avec 你 et 好, vous pouvez continuer votre apprentissage sur MandarinMaster en découvrant progressivement de nouveaux caractères, de nouveaux sons, de nouveaux mots et vos premières phrases chinoises.
QUESTION FRÉQUENTES