Apprendre le chinois
Introduction
Apprendre à lire les caractères est le premier des « casse-tête » rencontré par un débutant en chinois.
Alors comment les apprendre ces fameux caractères ? Cette question est parfaitement compréhensible : les caractères sont si éloignés de notre système d’écriture qu’ils nous paraissent insondables et inaccessibles.
Face à cette difficulté incontournable, certains apprenants volontaires vont chercher à mémoriser beaucoup de caractères le plus rapidement possible. C’est une approche courageuse qui peut convenir à certains profils mais qui montre très vite ses limites.
Chez MandarinMaster, nous avons choisi l’approche inverse. Nous introduisons les nouveaux caractères au compte-gouttes, généralement 2 à 4 par jour maximum, afin de laisser à l’apprenant le temps de les assimiler en douceur avant d’en ajouter de nouveaux.
Car voir un caractère et connaître sa traduction ne signifie pas encore le maîtriser. Pour qu’un caractère entre progressivement dans votre chinois, vous devez le découvrir, le reconnaître, l’entendre, le prononcer, l’écrire et enfin l’utiliser.
Ce sont les 6 maîtrises du caractère chinois selon la méthode MandarinMaster.
Dans cet article, nous allons vous expliquer comment fonctionne cette progression et pourquoi apprendre moins de nouveaux caractères à la fois peut finalement vous permettre de construire des connaissances beaucoup plus solides.
Réponse rapide
Si nous pouvons vous donner un conseil, le voici : pour apprendre efficacement les caractères chinois, ne commencez pas par de longues listes à mémoriser. Introduisez seulement quelques nouveaux caractères à la fois, puis travaillez-les sous plusieurs angles : leur forme, leur sens, leur prononciation, leur ton, leur écriture et surtout leur utilisation dans des mots et des phrases.
MandarinMaster organise l’apprentissage des caractères chinois autour de six maîtrises :
| Étape | Maîtrise | Objectif |
|---|---|---|
| 1 | Découvrir | Aborder seulement 2 à 4 nouveaux caractères à la fois |
| 2 | Reconnaître | Identifier le caractère lorsqu’il réapparaît |
| 3 | Entendre | Associer le caractère à sa prononciation |
| 4 | Prononcer | Produire correctement le son et le ton |
| 5 | ✍️ Écrire | Observer sa construction et savoir le tracer |
| 6 | Utiliser | Retrouver le caractère dans des mots et des phrases |
Notre article détaille chacune de ces six étapes avec des exemples.
Lorsqu’on commence le chinois, la tentation est grande de chercher des listes : les 50 caractères indispensables, les 100 caractères les plus fréquents, les 500 caractères à connaître… Ces listes ont leur utilité mais elles peuvent aussi donner une vision trompeuse de l’apprentissage du chinois qui ne réussit pas par la quantité des connaissances mais la qualité des acquisitions progressives.
Imaginez que vous découvriez aujourd’hui ces quatre caractères :
| Chinois | Pinyin | Français |
|---|---|---|
| 吃 | chī | manger |
| 喝 | hē | boire |
| 看 | kàn | regarder, lire |
| 听 | tīng | écouter |
Il ne s’agit apparemment que de quatre informations à retenir. Ce n’est pas si sorcier !
En réalité, pour chacun de ces caractères, votre cerveau va progressivement devoir associer une forme graphique, une signification, une prononciation et un ton. Vous devrez ensuite être capable de le reconnaître lorsqu’il réapparaît, éventuellement de l’écrire et surtout de comprendre son utilisation dans des mots et des phrases.
Apprendre quatre caractères représente donc déjà un véritable travail.
Imaginez maintenant que l’on vous présente vingt caractères d’un seul coup. Vous aurez peut-être l’impression d’avoir beaucoup travaillé. Mais combien en reconnaîtrez-vous le lendemain ? Combien pourrez-vous en prononcer ? Combien saurez-vous en utiliser ?
C’est pourquoi MandarinMaster distingue deux choses :
Notre objectif pédagogique n’est pas de présenter le maximum de caractères possible à nos apprenants mais de les nourrir à leur rythme pour une digestion meilleure. La lenteur et la progressivité de notre approche est capable de conduire les apprenants les plus réguliers au niveau C1 en moins de 2 ans. Une très belle performance ! C’est aussi en ligne avec la philosophie chinoise : c’est en allant lentement tous les jours qu’on avance vite.
Pour MandarinMaster, connaître un caractère ne signifie pas simplement être capable d’en donner la traduction française. Nous distinguons six étapes complémentaires dans l’apprentissage.
| Étape | Maîtrise | Objectif |
|---|---|---|
| 1 | Découvrir | Aborder seulement quelques nouveaux caractères à la fois |
| 2 | Reconnaître | Identifier le caractère lorsqu’il réapparaît |
| 3 | Entendre | Associer le caractère à sa prononciation |
| 4 | Prononcer | Produire correctement sa prononciation et son ton |
| 5 | ✍️ Écrire | Observer sa construction et apprendre à le tracer |
| 6 | Utiliser | Retrouver le caractère dans des mots puis dans des phrases |
Ces six maîtrises ne sont pas six cases à cocher une fois pour toutes. Chaque apprenant peut découvrir un caractère, le retrouver, parfois l’oublier, l’entendre dans un exercice, le revoir quelques jours plus tard dans un nouveau mot puis le rencontrer dans une phrase.
Car nous pensons que l’apprentissage le plus solide se construit par rencontres successives. Voyons comment.
C’est la première particularité de l’approche MandarinMaster. Nous limitons volontairement la découverte à 2 à 4 nouveaux caractères par jour maximum.
Il ne s’agit pas d’affirmer qu’un cerveau humain serait incapable d’en apprendre davantage. Un apprenant avancé pourra évidemment acquérir de nouveaux caractères beaucoup plus rapidement qu’un débutant.
Il s’agit d’un choix pédagogique, particulièrement important au début de l’apprentissage.
Prenons un exemple. Lorsque vous découvrez 吃 (chī = manger), nous voulons que vous ayez le temps de regarder 吃. Pas simplement de passer au caractère suivant.
Cette découverte doit constituer un premier contact de qualité.
Peu de nouveaux caractères ne signifie pas peu de travail. C’est une distinction essentielle. Vous pouvez ne découvrir que trois nouveaux caractères aujourd’hui tout en travaillant quinze ou vingt caractères déjà rencontrés les jours précédents.
Vous avancez donc sur deux plans simultanément :
Cette progression réduit votre sensation d’accumulation et vous permet de consacrer davantage d’attention aux nouveaux caractères.
Reconnaître un caractère ne consiste pas seulement à se souvenir vaguement de sa forme. Il faut progressivement apprendre à observer les détails qui permettent de le distinguer de caractères graphiquement proches.
Regardez par exemple :
| Chinois | Pinyin | Français |
|---|---|---|
| 人 | rén | personne |
| 大 | dà | grand |
| 天 | tiān | ciel, jour |
| 夫 | fū | mari, homme |
Pour un débutant, ces quatre caractères peuvent sembler très proches. Pourtant, avec un peu d’entraînement, le regard apprend à identifier les différences de structure et de traits.
Et en chinois, un trait supplémentaire à du sens. Regardez le caractère 人 qui veut dire la personne (deux jambes qui marchent). Regardez maintenant le caractère 大. Vous observez qu’il a un trait horizontal de plus. Ce sont les bras. C’est le caractère qui veut dire grand.
C’est précisément le passage que nous recherchons : au début, vous voyez une forme globale ; progressivement, vous apprenez à regarder comment le caractère est construit. Cette construction des caractères est ce qui rend leur apprentissage encore plus passionnant.
Cette troisième maîtrise est particulièrement importante, car on peut facilement apprendre les caractères comme un exercice essentiellement visuel.
Vous voyez : 吃 et vous pensez : « manger ». C’est une exercice assez facile pour la plupart de nos apprenants. Mais si un Chinois prononce chī, reconnaissez-vous immédiatement le mot ? Ce n’est pas nécessairement le cas.
Or apprendre le chinois ne consiste pas simplement à établir une relation : caractère chinois → traduction française. Vous devez progressivement construire une relation beaucoup plus directe entre la forme, le son et le sens.
| Chinois | Pinyin | Français |
|---|---|---|
| 吃 | chī | manger |
| 喝 | hē | boire |
| 看 | kàn | regarder, lire |
| 听 | tīng | écouter |
Le pinyin joue ici un rôle essentiel au début : il vous aide à comprendre comment prononcer le caractère. Mais à terme, l’objectif est que vous puissiez progressivement associer directement 吃 ↔ chī ↔ l’idée de manger sans devoir systématiquement passer par le français.
C’est pourquoi le travail de l’écoute doit être intégré à l’apprentissage des caractères.
Reconnaître la prononciation d’un caractère lorsque vous l’entendez est une chose. Être capable de la produire correctement en est une autre. C’est d’ailleurs le plus grand défi des apprenants francophones que nous rencontrons. Reproduire le son entendu est particulièrement difficile pour certaines syllabes inhabituelles.
C’est une étape essentielle de votre apprentissage du chinois car cette langue possède une particularité fondamentale qui la distingue de la plupart des autres langues dans le monde : c’est une langue tonale.
Comparez :
| Chinois | Pinyin | Français |
|---|---|---|
| 妈 | mā | maman |
| 马 | mǎ | cheval |
| 骂 | mà | gronder, insulter |
Pour un francophone qui commence le chinois, les trois syllabes semblent très proches, voire identiques. Pourtant, elles ne signifient pas la même chose.
C’est pourquoi nous vous déconseillons d’apprendre la phonétique sans indiquer le ton qui fait partie intégrante de la prononciation.
Au lieu d’apprendre 妈 / ma / maman, apprenez 妈 / mā (1er ton) / maman.
Chez MandarinMaster, au moment où vous apprenez un nouveau caractère, vous l’observez, vous écoutez sa prononciation puis vous essayez de la reproduire. Vous ne construisez pas deux apprentissages séparés mais un seul.
À l’époque des smartphones et des claviers, faut-il encore apprendre à écrire les caractères chinois à la main ? Voila une question bien légitime.
Pour MandarinMaster, l’écriture manuelle conserve un véritable intérêt pédagogique. Non parce que vous devrez écrire quotidiennement de longues lettres manuscrites en chinois, mais parce qu’écrire vous oblige avant tout à observer.
Prenons un exemple avec 好 (hǎo) qui veut dire bon, bien.
Lorsque vous regardez rapidement 好, vous pouvez essayer de mémoriser sa silhouette. Vous allez aussi apprendre que ce caractère comprend deux autres caractères : 女 à gauche, qui veut dire la femme, et 子 à droite, qui veut dire l’enfant. Qu’est-ce que le bien ? Une femme avec son enfant. N’est-ce pas facile à retenir ? N’est-ce pas riche de sens ?
En écrivant ce caractère à la main, vous êtes obligé de penser à tout ça. Vous devez observer sa structure, comprendre ses différentes parties et suivre l’ordre académique dans lequel les traits doivent être tracés.
Votre écriture manuelle transforme ainsi une observation passive en observation active et devient un outil supplémentaire au service de la mémorisation et de la reconnaissance.
C’est probablement l’étape qui donne tout son sens aux étapes précédentes.
Vous avez découvert 吃 (chī = manger). Vous savez le reconnaître. Vous l’avez entendu. Vous savez le prononcer. Vous avez observé sa construction et appris à l’écrire. Mais que pouvez-vous en faire ? Dans quel mot est-il utilisé ?
Dans la langue réelle, vous allez retrouver 吃 dans de nombreux mots ou expressions :
| Chinois | Pinyin | Français |
|---|---|---|
| 吃饭 | chīfàn | manger, prendre un repas |
| 吃药 | chī yào | prendre un médicament |
| 好吃 | hǎochī | bon, délicieux |
Puis dans des phrases :
| Chinois | Pinyin | Français |
|---|---|---|
| 我吃饭。 | Wǒ chīfàn. | Je mange. |
| 你吃什么? | Nǐ chī shénme? | Qu’est-ce que tu manges ? |
| 这个很好吃。 | Zhège hěn hǎochī. | C’est très bon. |
C’est à ce moment que le caractère change réellement de statut. 吃 n’est plus simplement un symbole dont vous connaissez la traduction. Il devient un élément de langue que vous commencez à utiliser.
C’est également une découverte importante dans l’apprentissage du chinois : les caractères se combinent très souvent pour former des mots.
Prenons un seul caractère : 电 (diàn = électricité)
Vous allez progressivement le retrouver dans :
| Chinois | Pinyin | Français |
|---|---|---|
| 电话 | diànhuà | téléphone (parole électrique) |
| 电脑 | diànnǎo | ordinateur (cerveau électrique) |
| 电影 | diànyǐng | film, cinéma (ombre électrique) |
Vous commencez alors à comprendre que les caractères chinois ne constituent pas une collection infinie de symboles indépendants à apprendre un par un. Ils se retrouvent et se combinent dans le vocabulaire.
Il faut accepter une réalité assez rassurante : vous allez forcément oublier des caractères. Vous pourrez reconnaître parfaitement un caractère aujourd’hui et hésiter dessus dans trois jours.
Cela ne signifie pas que votre apprentissage ne fonctionne pas. Cela signifie simplement que la mémoire a besoin de réactivation.
C’est pourquoi les caractères déjà rencontrés doivent revenir régulièrement au cours de votre apprentissage. Et idéalement, ils ne doivent pas toujours revenir exactement de la même façon.
À chaque rencontre, vous renforcez une partie différente de sa maîtrise.
Plutôt que de vous demander simplement : « Est-ce que je connais ce caractère ? » posez-vous ces six questions.
| Question | Maîtrise |
|---|---|
| Ai-je pris le temps de découvrir et d’observer ce caractère ? | Découvrir |
| Est-ce que je le reconnais lorsqu’il apparaît sans traduction ? | Reconnaître |
| Est-ce que je reconnais sa prononciation lorsque je l’entends ? | Entendre |
| Est-ce que je sais le prononcer avec son ton ? | Prononcer |
| Est-ce que je comprends sa structure et sais le tracer ? | ✍️ Écrire |
| Est-ce que je le retrouve dans des mots et sais l’utiliser dans des phrases ? | Utiliser |
Vous n’avez pas besoin d’obtenir immédiatement six réponses positives. Ce tableau vous permet plutôt de comprendre où vous en êtes dans l’apprentissage du caractère.
Vous pouvez parfaitement savoir reconnaître un caractère sans encore réussir à l’écrire de mémoire. Ou savoir ce qu’il signifie sans reconnaître immédiatement sa prononciation lorsque vous l’entendez.
Vous savez alors simplement quelle maîtrise doit encore être travaillée.
Ce sont tous des outils intéressants.
Mais il est important de distinguer les outils de l’objectif.
Votre objectif n’est pas de devenir expert en moyens mnémotechniques, en flashcards ou en radicaux mais de progressivement pouvoir lire et comprendre le chinois.
C’est pourquoi ces différentes techniques doivent être utilisées lorsqu’elles facilitent l’une des six maîtrises, et non devenir une fin en soi.
Vous souhaitez mieux mémoriser les caractères que vous apprenez ? Lisez notre article dédié : Comment memoriser les caractères sans les oublier ?
La méthode des six maîtrises n’a d’intérêt que si elle se traduit concrètement dans l’apprentissage. C’est pourquoi MandarinMaster organise la progression autour d’un principe simple :
introduire peu de nouveautés et multiplier ensuite les occasions de les retrouver.
Les caractères déjà rencontrés continuent parallèlement à revenir au fil du parcours. Aucun mot ne vous est proposé qui comporte un caractère non appris. Les caractères choisis au début sont les plus fréquents et suivent le classement HSK.
C’est un réflexe très courant et bien normal pour un apprenant. Et c’est probablement le changement de perspective le plus important.
Lorsque l’on apprend les caractères chinois, les grands nombres peuvent être impressionnants : 100, 500, 1 000, 2 000 caractères. Ces nombres ont leur utilité pour fixer des repères mais ils ne disent pas tout de votre niveau réel.
Imaginez deux apprenants.
Lequel maîtrise réellement le mieux ce qu’il a appris ?
Chez MandarinMaster, nous préférons donc mesurer la progression non seulement en termes de quantité, mais surtout en termes d’appropriation.
Nous vous inquiétez pas ! Ne faites pas la course ! Votre nombre de caractères augmentera naturellement avec le temps. Votre priorité doit être de construire des bases suffisamment solides pour que les nouveaux caractères puissent progressivement venir s’y rattacher.
Les caractères chinois sont fascinants. À mesure que vous progressez, vous commencez à reconnaître des composants, à comprendre certaines constructions et à percevoir une logique là où vous ne voyiez initialement qu’un ensemble de traits.
Mais il ne faut jamais perdre de vue leur fonction. Vous n’apprenez pas les caractères pour collectionner des caractères. Vous les apprenez pour reconnaître des mots. Vous apprenez ces mots pour comprendre des phrases. Et vous apprenez ces phrases pour lire, écouter, comprendre et communiquer en chinois.
C’est précisément pour cette raison que la dernière des six maîtrises MandarinMaster est Utiliser.
Un nouveau caractère commence son parcours comme une forme totalement inconnue :
C’est tout le chemin que nous cherchons à construire avec la méthode MandarinMaster :
Découvrir → Reconnaître → Entendre → Prononcer → Écrire → Utiliser.
Conclusion
Apprendre les caractères chinois, et même le chinois tout court, ne devrait pas être une course.
Vous débutez ? Ne regardez pas les centaines ou les milliers de caractères que vous rencontrerez progressivement. Vous risquez de vous décourager.
Contentez-vous aujourd’hui de découvrir deux, trois ou quatre caractères.
Les jours suivants, quelques nouveaux caractères viendront progressivement rejoindre ceux que vous connaissez déjà. C’est cette progression que nous avons choisie chez MandarinMaster :
Découvrir → Reconnaître → Entendre → Prononcer → Écrire → Utiliser
Chez MandarinMaster nous ne mesurons pas la progression de nos apprenants au nombre de caractères qu’ils ont étudiés. Nous faisons tout pour qu’ils les assimilent et arrivent à lire, comprendre et pratiquer leur chinois.
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QUESTION FRÉQUENTES
Apprendre le chinois
Comment mémoriser les caractères chinois sans les oublier ?
8 octobre 26