Apprendre le chinois
Introduction
Vous connaissez les 26 lettres de l’alphabet français. Mais si vous voulez apprendre le chinois, quelles sont les lettres à mémoriser ? Existe-t-il un alphabet chinois avec un équivalent de A, B, C… jusqu’à Z ?
La réponse est non : le chinois ne possède pas d’alphabet au sens où nous l’entendons en français. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle.
Dans quelques minutes, vous allez comprendre comment fonctionne réellement le chinois et apprendre à reconnaître vos premiers caractères.
Réponse rapide
Existe-t-il un alphabet chinois ?
Non. Le chinois n’utilise pas un alphabet composé de lettres comme le français. Il s’écrit avec des caractères appelés 汉字 (hànzì).
Pour apprendre leur prononciation, on utilise généralement le pinyin, un système de transcription utilisant notre alphabet latin.
| Français | Chinois |
|---|---|
| Lettres | Caractères 汉字 |
| Alphabet | Pas d’alphabet |
| A, B, C… | Pas d’équivalent direct |
| Prononciation | Pinyin 拼音 |
| Intonation | Tons |
| Lettres assemblées → mots | Caractères assemblés → mots |
Exemple :
Caractère 1 : 你 / phonétique : nǐ / signification : tu ou toi
Caractère 2 : 好 / phonétique : hǎo / signification : bon / bien
Mot 1 : 你好 / phonétique nǐ hǎo / signification : bonjour (littéralement « toi bien »)
Sans le savoir, vous venez déjà de commencer à lire le chinois.

Quand on commence à apprendre une langue étrangère, l’un des premiers réflexes consiste souvent à chercher son alphabet. C’est logique. En français, nous utilisons 26 lettres. Nous les assemblons pour former des syllabes, puis des mots : m + a = ma, par exemple.
En chinois, le principe est différent. La langue chinoise ne s’écrit pas à l’aide d’un alphabet composé de lettres. Elle utilise des caractères chinois, appelés 汉字 (hànzì).
Prenons un exemple très simple : 人 — rén — personne
人 est un caractère chinois. Il ne représente pas la lettre « R » de rén. Le caractère possède une prononciation et une signification.
Autre exemple : 大 — dà — grand
Là encore, 大 n’est ni un D ni un A. C’est un caractère à part entière.
C’est la première chose importante à comprendre lorsqu’on commence le chinois : il ne faut pas chercher à remplacer nos lettres françaises par des signes chinois car le système fonctionne autrement. Et c’est justement cette différence qui le rend passionnant.
Vous avez peut-être remarqué que nous avons écrit : 人 — rén — personne
Mais si 人 est le caractère chinois, qu’est-ce que rén ? C’est ce que l’on appelle le pinyin.
Le pinyin est un système permettant de transcrire la prononciation du chinois avec l’alphabet latin. Il constitue donc un formidable pont entre notre système d’écriture et celui du chinois.
Prenons : 你 — nǐ — tu / toi
Nous avons ici trois informations différentes :
Le pinyin est indispensable lorsqu’on débute. Face à un nouveau caractère, il vous permet de savoir comment celui-ci doit être prononcé.
Mais attention à une confusion fréquente : le pinyin n’est pas l’alphabet chinois. C’est une transcription phonétique du mandarin utilisant les lettres de l’alphabet latin. Et le petit signe placé au-dessus du i de nǐ n’est pas là pour décorer le mot. Il indique son ton.
Nous y reviendrons.
Si vous souhaitez comprendre précisément comment fonctionne ce système, vous pouvez consulter notre article consacré au pinyin chinois : qu’est-ce que le pinyin ?
Tapez « alphabet chinois » dans un moteur de recherche et vous trouverez facilement des tableaux proposant quelque chose qui ressemble à ceci :
A = un caractère chinois
B = un autre caractère
C = un troisième caractère…
Ces tableaux sont parfois présentés comme un alphabet chinois de A à Z.
Le problème est simple : ce n’est pas ainsi que fonctionne le chinois. Il n’existe pas un caractère chinois correspondant systématiquement à la lettre A, un autre à B, puis à C jusqu’à Z.
Pourquoi ? Parce qu’une lettre et un caractère chinois n’ont pas la même fonction.
Dans le mot français Paris, nous assemblons cinq lettres : P + A + R + I + S
En chinois, on ne cherche pas cinq caractères correspondant à chacune de ces cinq lettres.
Paris s’écrit 巴黎 — Bālí. Deux caractères suffisent.
C’est donc une logique totalement différente.
Les tableaux « alphabet chinois A-Z » peuvent éventuellement servir à créer une décoration, un tatouage fantaisiste ou un jeu graphique, mais ils ne permettent absolument pas d’apprendre à lire ou à écrire réellement le chinois.
Si votre objectif est d’apprendre le mandarin, mieux vaut donc oublier très rapidement cette idée de correspondance entre les 26 lettres françaises et 26 caractères chinois.
La question arrive naturellement : s’il n’existe pas d’équivalent chinois de nos lettres, comment les Chinois écrivent-ils les prénoms et les noms étrangers ?
Ils utilisent généralement une transcription phonétique.
Prenons le prénom Philippe : 菲利普 — Fēilìpǔ
Les caractères 菲, 利 et 普 ne correspondent pas aux lettres qui composent « Philippe ». Ils ont notamment été choisis parce que leur prononciation permet de reproduire approximativement le son du prénom.
On retrouve le même principe avec de nombreux noms étrangers. La ville de Paris devient 巴黎 — Bālí. On ne traduit donc pas lettre après lettre.
Mais attention ! Tous les mots étrangers ne sont pas traités de cette manière.
Prenons la France : 法国 — Fǎguó
Le deuxième caractère, 国 (guó), signifie pays.
C’est un bon exemple de ce qui rend le chinois intéressant : comprendre un mot peut progressivement permettre de comprendre d’autres mots similaires : exemple ici, les noms de pays.
Une fois que vous connaissez 国 — guó — pays, vous allez le retrouver ailleurs :
Vous commencez déjà à voir apparaître une logique. Et c’est précisément cette logique qu’il faut apprendre à repérer plutôt que d’essayer de chercher un alphabet qui n’existe pas.
C’est probablement la question la plus importante de cet article, car découvrir qu’il n’existe pas d’alphabet chinois peut être un peu déstabilisant.
Par quoi donc commencer ?
Chez MandarinMaster, nous pensons qu’un débutant doit progressivement apprendre à créer des liens entre plusieurs éléments : le son, le ton, le caractère, sa signification et son utilisation.
Regardons comment cela fonctionne.
Prenons la syllabe ma
Grâce au pinyin, un francophone peut commencer à comprendre comment prononcer une syllabe chinoise. Mais connaître les lettres m et a ne suffit pas, car en mandarin, la manière dont la voix évolue pendant la syllabe compte également.
Le mandarin possède quatre tons principaux, auxquels s’ajoute un ton neutre.
On peut ainsi rencontrer mā — má — mǎ — mà
Pour une oreille française qui débute, ces quatre syllabes peuvent sembler très proches. En chinois, elles ne le sont pas. Le ton participe à l’identification de la syllabe et permet de distinguer des mots différents.
C’est pourquoi MandarinMaster accorde une place majeure à la prononciation dès le début de l’apprentissage. Apprendre un mot chinois sans son ton revient à n’en apprendre qu’une partie.
Vous pouvez approfondir ce point dans notre article consacré aux tons chinois : Les tons chinois : comprendre et maîtriser les 4 tons du mandarin.
Ajoutons maintenant 马 — mǎ — cheval
Cette fois, plusieurs informations sont associées :
Le caractère cesse progressivement d’être un dessin mystérieux et devient une information que votre cerveau peut relier à d’autres informations.
Il reste cependant une étape essentielle. Apprendre des centaines de caractères isolés n’est pas la meilleure manière de progresser. Vous allez progressivement les rencontrer dans des mots, des expressions et des phrases.
C’est l’un des principes importants de l’approche MandarinMaster : ne pas séparer artificiellement ce que vous voyez, ce que vous entendez, ce que vous prononcez et ce que vous utilisez. Plus ces connexions deviennent nombreuses, plus le chinois commence à prendre du sens.
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Plutôt que de continuer avec de longues explications, faisons maintenant une expérience. Même si vous n’avez jamais étudié le chinois, nous allons essayer de vous faire reconnaître vos premiers caractères et surtout de vous montrer comment ils peuvent s’assembler pour former des mots.
Et pour l’instant, ne cherchez pas à les prononcer. Le pinyin est indiqué pour vous permettre d’identifier leur prononciation, mais si vous n’avez jamais appris les sons et les tons du chinois, il est préférable de commencer par les écouter avant d’essayer de les reproduire.
Commençons par ceux-ci :
| Caractère | Pinyin | Signification |
|---|---|---|
| 中 | zhōng | milieu / centre |
| 国 | guó | pays |
| 人 | rén | personne |
Pour cette première expérience, concentrez-vous simplement sur le caractère et sa signification :
C’est tout. Trois caractères seulement.
Étape 2 : utilisons immédiatement ce que vous venez d’apprendre
Regardez maintenant 中国
Vous connaissez déjà les deux caractères 中 + 国 (zhōng + guó)
Ensemble, ils forment 中国 — Zhōngguó — Chine
Ajoutons maintenant le troisième caractère que vous venez d’apprendre : 人
Vous connaissez déjà 中国 et vous savez que 人 signifie « personne ».
Nous obtenons donc 中国 + 人 (Chine + personne).
中国人 — Zhōngguórén — Chinois / personne chinoise
Vous voyez ce qui vient de se passer ? Il y a quelques minutes, 中国人 ressemblait probablement à une succession de trois signes incompréhensibles. Vous êtes maintenant capable de reconnaître les trois caractères, de commencer à les prononcer et de comprendre comment ils s’assemblent.
Étape 3 : testez-vous
Sans regarder les réponses précédentes, essayez maintenant de retrouver le sens de ces 3 caractères :
Maintenant, passons aux mots. Essayez de retrouver le sens de ces 2 mots :
Si vous avez retrouvé leur signification : Bravo ! Vous venez de faire quelque chose d’important : vous avez compris le fonctionnement du chinois. Avec seulement trois caractères, vous êtes déjà capable de comprendre deux constructions chinoises.
Et vous l’avez fait sans apprendre une seule lettre d’un prétendu alphabet chinois.
C’est l’un des principes essentiels de l’apprentissage : plutôt que d’accumuler des caractères isolés, mieux vaut apprendre à les reconnaître puis à les réutiliser rapidement dans des mots que l’on peut comprendre et mémoriser.
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C’est généralement à ce moment qu’apparaît une autre inquiétude.
« D’accord, il n’y a pas 26 lettres. Mais s’il existe des milliers de caractères, n’est-ce pas beaucoup plus difficile ? »
Il serait trompeur de vous dire que l’écriture chinoise ne vous demandera aucun effort. Elle demande un véritable apprentissage. Mais imaginer qu’il faut connaître des milliers de caractères avant de pouvoir commencer à lire est tout aussi faux. L’apprentissage des caractère doit être progressif.
Vous commencez avec quelques caractères fréquents, puis vous les retrouvez ensuite dans des mots qui apparaissent ensuite dans des phrases. Puis de nouveaux caractères viennent progressivement enrichir ce que vous êtes déjà capable de comprendre.
C’est exactement ce que nous venons de faire avec 中, 中国 puis 中国人.
Il existe également une autre bonne nouvelle : les caractères chinois ne sont pas nécessairement des blocs graphiques totalement indépendants les uns des autres. En apprenant le chinois, vous allez progressivement découvrir des composants récurrents à l’intérieur des caractères.
Prenons l’exemple de 国 :
Vous retrouver dans ce caractère 王 qui signifie le roi et 玉 qui signifie le jade. Si vous voulez aller encore plus loins dans la compréhension du caractère 王, la trait du bas représente la terre, celui du haut le ciel, et celui du milieu l’homme (entre le ciel et la terre). Le trait vertical relie le ciel et la terre, ce qui est la fonction du roi. Incroyable non ?
Et qu’en est-il du caractère 玉 ? Vous retrouver le caractère du roi (王) avec un petit trait en bas qui représente ce que le roi porte au doigt : le jade. Incroyable aussi.
Et maintenant 国 ? Vous retrouver le caractère du jade () dans un carré. Pourquoi ? Parce que dans une vision chinoise, un pays est un territoire qui rassemble et protège ce qu’il a de plus précieux : son peuple. Encore une fois incroyable.
En avançant dans votre apprentissage des caractères chinois, votre œil apprendra progressivement à ne plus voir un caractère comme un ensemble arbitraire de traits. Il commencera à en reconnaître la structure, et à en deviner le sens.
Ne considérez pas chaque caractère comme une image qu’il faudrait mémoriser isolément.
Par exemple 你 = tu
Cette répétition peut avoir son utilité, mais elle est beaucoup plus intéressante si vous comprenez la structure du caractère et si vous l’associer tout de suite à un autre pour former un mot.
Prenons justement 你
Le caractère 你 est complètement mémorisé :
Cette multiplication des connexions est ce qui guide l’approche pédagogique de MandarinMaster. Nous préférons faire progresser l’apprenant étape après étape plutôt que de lui demander d’accumuler des listes de caractères déconnectés de leur utilisation réelle.
Vous l’avez compris : le système d’écriture chinois est incontestablement très différent du français. Un francophone doit apprendre à reconnaître des caractères, comprendre leur structure et se familiariser avec une manière complètement nouvelle d’associer l’écrit et la prononciation.
Mais différent ne signifie pas impossible.
On n’apprend pas le chinois comme on apprendrait une langue utilisant notre alphabet. Chercher l’équivalent chinois de A, B, C ou D conduit dans une impasse.
La bonne question est donc : comment associer progressivement un son, un ton, un caractère, un sens et une utilisation ?
Regardez ce que vous savez déjà reconnaître après seulement quelques minutes :
人 -> 中国 -> 中国人
Ce n’est évidemment qu’un tout petit début. Mais c’est exactement ainsi que l’apprentissage se construit : un élément compris, puis un deuxième, puis des connexions entre les deux.
Chez MandarinMaster, notre objectif n’est donc pas seulement de vous faire mémoriser du chinois. Nous voulons vous aider à comprendre comment la langue fonctionne, à entendre et reproduire ses sons, à reconnaître progressivement ses caractères et surtout à utiliser ce que vous apprenez.
Car le jour où les caractères chinois cessent d’être pour vous des dessins mystérieux pour devenir des sons, des significations et des mots que vous reconnaissez, votre regard sur la langue chinoise change complètement.
Conclusion
L’alphabet chinois n’existe pas… et ce n’est pas un problème
Si vous cherchiez l’alphabet chinois de A à Z, vous savez maintenant pourquoi vous ne le trouverez pas : le chinois ne fonctionne tout simplement pas avec des lettres comme le français.
À la place, vous allez apprendre progressivement des caractères, leur signification et la manière dont ils s’associent pour former des mots et des phrases. Le pinyin vous aidera à identifier leur prononciation, tandis que l’écoute et le travail des tons vous permettront d’apprendre à les prononcer correctement.
Cela peut vous sembler déroutant au départ, mais vous avez vu dans cet article qu’avec seulement trois caractères — 中, 国 et 人 — vous pouvez comprendre 中国 puis 中国人.
C’est précisément cette logique que nous privilégions chez MandarinMaster : vous n’apprenez pas des caractères isolés, vous multipliez les connexions autour de chacun d’eux. Vous le voyez, vous l’entendez, vous le prononcez, vous en comprenez le sens, vous l’utilisez et vous apprenez progressivement à l’écrire.
Le chinois cesse alors d’être une succession de signes mystérieux pour devenir une langue structurée que vous découvrez étape après étape.
QUESTION FRÉQUENTES